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Que sont les acanthomorphes ?


Avec ses plus de 16 000 espèces réparties dans plus 310 familles, le groupe des acanthomorphes constitue un des groupes majeurs en termes de diversité de vertébrés actuels. Il s’agit d’un groupe relativement récent ; les premiers acanthomorphes sont connus au Crétacé (100 millions d’années), mais le groupe connait une réelle explosion au début du Tertiaire (50 millions d’années), où l’ensemble des sous groupes actuels est connu. Cette diversification se serait déroulée au sein de la Téthys, un océan aujourd’hui disparu par la formation des chaînes alpines (Alpes, Caucase, Himalayas …).

La diversité au sein des acanthomorphes est telle que les rapprochements morphologiques et la définition simple du groupe sont difficiles.

Actuellement, plusieurs caractères squelettiques définissent le groupe (Wiley et Johnson, 2010), mais ce sont des caractères fins, complexes, difficiles à cerner en première approche. Cependant, il est possible de définir simplement les acanthomorphes sur la présence d’épines creuses, non segmentées en avant des nageoires dorsale et anale (flèches rouges de l’image de bar (Dicentrarchus labrax, moronidés) ci-dessous).


Dicentrarchus labrax
D'après Chanet et al. (2009 [1]).

Mais … ce caractère, même s'il peut être utile pour identifier ces animaux, ne suffit pas. En effet, l’analyse de l’ensemble des données disponibles montre que ces épines ont disparu plusieurs fois au sein des acanthomorphes… Plusieurs groupes d’acanthomorphes ne possèdent pas d’épines de ce type. L’image suivante montre à la fois la diversité morphologique du groupe et les acanthomorphes (marqués d’un cercle rouge) ne possédant pas d’épines creuses, non segmentées en avant des nageoires dorsale et/ou anale.


Diversité des acanthomorphes
Dessins: J.F. Dejouannet.

Cette distribution hétérogène a considérablement obscurci la compréhension et la reconstitution de l’histoire évolutive du groupe. Le groupe des acanthomorphes était souvent qualifié de buisson terminal, dont les branches entremêlées décourageaient souvent les morphologistes et entretenaient à la fois la confusion et le maintien de classifications obsolètes par facilité. Il a fallut attendre réellement le début des années 2000 avec l’arrivée de travaux de phylogénie reposant sur l’analyse de séquences de gènes mitochondriaux et nucléaires (Miya et al. 2001, 2003 ; Chen et al. 2003; Dettaï et Lecointre, 2004 [2] [3], 2005 [4], 2008 [5]; Smith et Wheeler, 2004, 2006 ; Smith et Craig, 2007 ; Mabuchi et al. 2007 ; Kawahara et al. 2008 ; Li et al. 2009 [6]) pour qu’une nouvelle donne soit apportée avec de nouvelles propositions amenant à réfléchir et dynamiser les travaux de recherche de relations de parenté sur ce groupe. Notre compréhension actuelle des acanthomorphes, même si encore partielle et incomplète, repose sur ces résultats, dont les grandes lignes sont exposées sur ce site aux pages consacrées à sa classification.


Références