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Particularités des acanthomorphes antarctiques


banc de poissons des glaces
Un coup de filet en antarctique
(Cliché: G. Lecointre).

L’étude des acanthomorphes antarctiques menée par l'équipe s'inscrit à la fois dans une problématique scientifique — la recherche des relations de parenté entre espèces et la compréhension de leurs  particularités biologiques — que dans l'histoire des laboratoires et équipes du MNHN. En effet, dès 1961, Jean-Claude Hureau, alors chercheur au MNHN, mena les premiers travaux sur ces animaux. Il échantillonna, recensa et accumula les observations sur ces espèces, tant en hiver qu’en été, à la station Dumont d’Urville (Terre Adélie). Après une pause sur le terrain de près de 30 ans, ces travaux fondateurs sont poursuivis encore actuellement par des équipes MNHN en collaboration avec l'IPEV.

Les acanthomorphes antarctiques sont répartis en 21 familles seulement, tandis que le groupe entier comporte plus de 310 familles dans le monde entier. Parmi elles, deux ensembles sont véritablement majoritaires dans les eaux marines australes : la famille des liparidés et les huit familles du sous-ordre des notothénioïdes.

Neopagetopsis ionah
Neopagetopsis ionah, channichthyidés.
Cygnodraco mawsoni
Cygnodraco mawsoni, bathydraconidés.
Trematomus pennellii
Trematomus pennellii, nototheniidés.
Paraliparis antarcticus
Paraliparis antarcticus, liparidés.
Bovichtus diacanthus
Bovichtus diacanthus, bovichthidés.
(Clichés: S. Iglesias et C. Ozouf.)
 

Seules cinq familles des notothénioïdes peuvent fréquenter les eaux très froides des côtes antarctiques. Ce sont des eaux marines dont la température peut être inférieure à 0°C. En effet, en raison du sel qu’elle contient, l’eau de mer ne gèle qu’à – 1,86°C. Les téléostéens ont, en général, leur température interne identique à la température de leur environnement. Par conséquent, entre 0°C et – 1,86°C, un téléostéen risque de geler car ses liquides internes sont bien moins salés que l’eau de mer. Ces cinq familles de notothénioïdes ont acquis d’un même ancêtre commun la capacité de produire des protéines anti-gel dans leur sang. Ce sont les notothéniidés, les harpagiféridés, les artedidraconidés, les bathydraconidés et les channichthyidés.
Les liparidés (poissons limaces) sont généralement profonds mais les plus côtiers (moins de 100m de profondeur) produisent aussi certainement d'autres types de protéines anti-gel.

Voir également:

un poisson des glaces

un bathydraconidé

un poisson limace

Comment vivre sans hémoglobine

Pour en savoir plus :

à lire:

Lecointre et Ozouf-Costaz (2004 Lecointre.ea.2004).

Eastman J.T. (1993). Antarctic fish biology: evolution in a unique environment. San Diego, CA, Academic Press, 322 p.

à consulter:

http://mersaustrales.mnhn.fr/

http://www.museum-lehavre.fr/fr/expositions/antarctique

http://expeditions-antarctiques.mnhn.fr/