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Le neurocrâne chez un espadon


Ne serait-ce que par leur taille ou leur facilité d’obtention, l’étude des os d’un crâne de thon ou d’un maquereau est un bon préambule pour aborder l’ostéologie crânienne des acanthomorphes. Mais, de nombreuses espèces de ce groupe présentent des particularités autour de ce « schéma » général : c’est le cas du crâne d’espadon - Xiphias gladius Xiphias gladius (xiphiidés) - dont l’organisation est présentée dans cette page.


En vue dorsale

 

cliché: B. Chanet

En vue ventrale

cliché: B. Chanet

En vue latérale gauche

cliché: B. Chanet

En vue occipitale

cliché: B. Chanet

Dans le travail de Gregory & Conrad (1937)

Les légendes ont ici été modifiées ; les dessins originaux sont disponibles à cette adresse.


En vue dorsale

dessin de crâne d'espadon en vue dorsale

En vue latérale gauche

dessin de crâne d'espadon en vue latérale gauche

Vue rapprochée de la vue latérale gauche


Le crâne de l’espadon présente le même plan général que celui d’un thon avec différentes particularités :

  1. Certains os céphaliques (nasaux) et en particulier des os du splanchnocrâne (prémaxillaires, maxillaires) ne sont pas indépendants comme chez le thon ou le maquereau, mais intimement associés et fixés aux os du neurocrâne. Nous avons ici une réversion d’un état de caractère : en effet, un prémaxillaire mobile, non encastré dans le crâne, est une innovation rencontrée chez les téléostéens. Or, chez les animaux de la famille de l’espadon (xiphiidés) et de la famille des marlins et voiliers (image ci-contre) marlin (istiophoridés), cet état de caractère est perdu par insertion robuste des prémaxillaires aux os antérieurs du neurocrâne.
     
  2. De la même manière, le prémaxillaire des acanthomorphes présente normalement un processus ascendant développé associé à un important cartilage rostral et deux ligaments indépendants relient les palatins au vomer. Ces états de caractères sont absents chez l’espadon, à nouveau il y a ici réversion d'états de caractères.
     
  3. De plus, les deux prémaxillaires ne portent pas de dents et s’associent pour former un rostre très développé. Ce dernier est de section plate chez les xiphiidés alors qu’il est de section ronde chez les istiophoridés.

    section de rostres chez les xiphiidés
 et les istiophoridés

    image: B. Chanet

  4. Cette extension antérieure des prémaxillaires entraine le fait que le vomer — l’os le plus antérieur du crâne de thon — soit en région médiane du crâne chez l’espadon.
     
  5. Le basisphénoïde n’est ici que très partiellement ossifié, il est en fait réduit à une fine couche de tissu conjonctif et est présent dorsalement sous le toit crânien.
     


Longtemps l’espadon fut classé avec le thon au sein du groupe des scombroïdes. Des analyses récentes, notamment menées par des membres de l’équipe (Li et al., 2009 [1]), ont remis en question ce regroupement et ont montré que xiphiidés et istiophoridés étaient en fait apparentés aux coryphènes Coryphènes (coryphaenidés), aux caranges Trachurus trachurus (carangidés), aux poissons archers Poissons archers (toxotidés) et aux poissons plats Turbot (poisson plat) (pleuronectiformes) au sein du groupe des caranginomorphes.



Références

Gregory, W.K. & G.M. Conrad (1937). The comparative anatomy of the swordfish (Xiphias) and the sailfish (Istiophorus). The American Museum Novitates, 952:1-25.


Références