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Centres nerveux céphaliques


L’essentiel des centres nerveux d’un acanthomorphe est situé dans le neurocrâne et correspond à l’encéphale. Celui-ci est fondamentalement formé d’un tube creux, renflé et divisé en 5 parties plus ou moins développées selon les espèces.

système nerveux d'un merlan Vue dorsale d’une dissection du système nerveux céphalique d’un merlan (Merlangius merlangius, gadidés) conservé dans l’alcool.

Spécimen UNSCIBA.Z. 000673 de la collection pédagogique de l’Université de Nantes.
Cliché : J. Baudet.


D’avant en arrière, on rencontre :

 
Le myelencéphale se prolonge postérieurement en dehors du neurocrâne

par la moelle épinière contenue dans le canal médullaire de chacune des vertèbres.


De chacune de ces régions partent des nerfs crâniens [numérotés en chiffres romains d’avant en arrière] lorsqu’ils sortent du crâne, tels les nerfs optiques (II) et nerfs vagues (X) ou rachidiens lorsqu’ils sont rattachés à la moelle épinière.


En règle générale, les acanthomorphes sont des animaux peu encéphalisés : l’encéphale est de taille modeste et n’occupe pas l’intégralité du volume neurocrânien (jusqu’à seulement 1.5% chez certains). Les cavités encéphaliques (les ventricules) sont volumineux (jusqu’à 50% du volume total de l’encéphale). Les espèces peu actives, peu mobiles et solitaires, comme les pleuronectiformes, ont un encéphale de petite taille, tandis que des espèces actives, à nage rapide et à comportements plus complexes (chasse en groupe) possèdent un encéphale plus volumineux. C’est le cas, chez les scombridés (thons, maquereaux) et les coryphènes (coryphaenidés), dont l’encéphale est 3 à 5 fois plus volumineux que des espèces benthiques de même taille corporelle.

Cliché : J. Baudet.
 

La même structure générale se retrouve chez les autres acanthomorphes, avec cependant des variations de volume des différentes parties selon les espèces.


 

 
 
Encéphale de bar (Dicentrarchus labrax, moronidés)), vue dorsale.
Dessin : B. Chanet.


Chez un maquereau Maquereau(Scomber scombrus, scombridés), un bar bar(Dicentrarchus labrax, moronidés)), les carangidés, les coryphaenidés, comme cette coryphène Coryphène Coryphaena equiselis , tous des chasseurs actifs en pleine eau, le mésencéphale (impliqué dans la vision) et le métencéphale (impliqué dans la coordination des mouvements et l’équilibration) sont très développés. En revanche, chez des prédateurs de fond et nocturnes, comme la rascasse rascasse (Scorpaena porcus, scorpaenidés) ou la sole Sole (Solea solea) (Solea solea, soléidés), ces deux régions sont petites et les bulbes olfactifs (impliqués dans l’olfaction) sont en revanche plus développés.

Ces adaptations (tel le mésencéphale développé) se retrouvent chez le poisson archer Poissons archers (Toxotes jaculatrix, toxotidés), dont l’encéphale, ici encore dans la boite crânienne, est montré ci-dessous :

 

Cliché: B. Chanet.
 

Le poisson archer repère ses proies (des insectes aériens et des gasteropodes) à la vue depuis l’eau.


Pour en savoir plus sur : le mode de vie et la technique de chasse du poisson archer.